Parlons de la retraite…

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Robert
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Parlons de la retraite…

Message par Robert »

« La vie derrière soi» de Antoine Compagnon.


Antoine Compagnon est un écrivain français, académicien, spécialiste de la littérature française et en particulier des écrivains Proust, Pascal, Montaigne, Barthes, Chateaubriand…
On vient de lui signifier son droit à prendre sa retraite, et voilà qu’il s’interroge sur la fin de vie, la sienne, bien sûr, mais aussi et sur ce qu’ont écrit à la fin de leur vie quelques grands monuments de la littérature française.
Il est bien reconnu que l’âge use ceux qui le portent, il en va ainsi pour les hommes ordinaires, mais aussi pour les génies. Vient le moment où l’inventeur n’invente plus rien, le peintre ne crée plus de chefs-d’œuvre, le compositeur plus de concertos majeurs, où l’écrivain perd sa plume pour la consacrer aux écritures ménagères et à quelques correspondances…
Un proverbe le dit, très bien :« Nul ne peut être et avoir été».

J’ai passé depuis longtemps l’âge de la retraite et insensiblement je prends conscience de mes limites. Écrire est devenu pour moi un exercice difficile. J’en veux pour preuve déterminante que mes correspondants et correspondantes petit à petit ne me répondent plus. Je pense que des échanges qu’ils ont parfois encore avec moi ne présentent plus beaucoup d’intérêt. Ainsi se tarissent petit à petit les motivations qui me poussaient à prendre la plume, ce qui n’est ici qu’une image, puisque je suis réduit à utiliser le subterfuge informatique qui s’appelle « Siri ». Un magicien ou une magicienne informatique écrit ce que je dicte.

Je ne résiste pas, au plaisir de reporter ci-dessous, une pensée de Chateaubriand, qui aborde le sujet de la retraite.

J’écoute derrière moi mes souvenirs, comme les bruissements de la vague sur une grève lointaine… Resté le dernier, je m’occupe à tout ranger dans la maison vide, à fermer les portes, les fenêtres. Ces pieux devoirs remplis, si mes amis, lorsque j’irai les rejoindre me demandent ce que je faisais, je leur dirai : « je pensais à vous. »
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