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Re: Il est revenu le temps de la lecture ... Parlons-en.

Posté : 06 oct. 2026, 09:04
par Robert
Belle du seigneur d’Albert Cohen.

Sur la suggestion de mon infirmière, j’ai entrepris la lecture de « Belle du seigneur » d’Albert Cohen.
A priori, cette lecture ne m’aurait pas tenté. C’est un roman fleuve de 1250 pages. Je l’ai déjà écrit. Je ne suis jamais tenté par les films de trois heures ou plus, par les feuilletons qui n’en finissent plus, ni bien entendu par les romans fleuves.
Cependant, « belle du seigneur », est considéré comme une œuvre littéraire majeure de la littérature française moderne.

Je vais être positif pour dire que l’écriture d’Albert Cohen est très originale et ne pourrait en aucun cas être élaborée par l’intelligence artificielle.
Certains passage m’ont beaucoup intéressé, et j’ai apprécié la virulence ironique de Albert Cohen dans la description de la société bourgeoise et de l’arrivisme dans les entreprises et en particulier dans celle que l’auteur décrit et dans laquelle il fait évoluer ses personnages. Certains portraits sont d’un réalisme très cruel.
J’ai apprécié aussi son analyse du sentiment amoureux, bien que chez lui, il devienne rapidement toxique. Le seigneur, chez Cohen, c’est l’homme. La belle, la femme, le subit.

En négatif, le caractère fleuve de l’ouvrage. J’aurais pu« sauter », la moitié des chapitres en restant dans ma lecture.
L’écriture parfois dépourvue de signes de ponctuation, ou l’enchaînement des phrases qui comportent successivement des dizaines de points d’exclamation ou bien commencent doutes par «ô»,me détachent au bout de quelques paragraphes du récit. Je ne sais plus où j’en suis.
Je n’aime pas non plus, les grands paragraphes écrits dans le langage naïf supposé du personnage du livre, un langage enfantin avec des mots transformés. Je ne suis pas amateur.
Cela passerait s’il s’agissait de quelques phrases, mais il s’agit de chapitres entiers qui perdent le lecteur…

Voilà mes impressions, alors que je viens de dépasser le milieu du roman. À ce moment de ma lecture, je ne conseillerais ce livre à personne à l’exception de mes contemporains qui sont dans l’obligation de compléter leur culture. La lecture de la moitié des chapitres que j’ai lus ont été des pensums !


……..

Je viens de terminer la lecture de ce « long » roman. Je ne renie pas ce que j’ai écrit plus haut. C’est une histoire d’amour qui pourrait se résumer dans les mots ci-dessous reportés d’une chanson de Léo Ferré.

Avec le temps...


Avec le temps va tout s'en va
On oublie le visage, et l'on oublie la voix.
Le coeur quand ça bat plus c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien.
Avec le temps...
Avec le temps va tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Léo Ferré.

Je pense que ce roman doit être lu. Il est à la littérature ce qu’un tableau non figuratif est à la peinture. Le tableau mérite d’être regardé et analysé, le roman d’être lu et disséqué.
Certains chapitres sont écrits dans une forme très originale, et je le reconnais, j’ai utilisé une lecture assez diagonale de ces passagesaprès la lecture normale de leurs est-ce deux ou trois premières pages.
Certains autres chapitres utilisent une forme qui est celle de l’écriture que je qualifie d’habituelle, l’écriture de Victor Hugo ou de Balzac ce soir. j’ai lu ces chapitres avec beaucoup de plaisir et d’attention.
Albert Cohen utilise d’autres normes dont la lecture m’a posé problème. Il parle aussi beaucoup de religion, de son état de juif et de la judéité maltraitée.

« Belle du seigneur» un livre qu’il faut avoir lu. L’analyse de la passion amoureuse demeure très pessimiste pour finir par une forme de folie destructrice et par un suicide. L’œuvre littéraire est-elle l’œuvre littéraire du siècle ? Je laisse les lecteurs en juger.…