Je vous mets l'édito de la semaine de Bike café qui est toujours aussi intéressant à lire
Parler du temps qu’il fait
Quand on ne sait pas quoi dire, on peut toujours parler de la météo. C’est consensuel, relativement neutre et ça permet de parler d’un phénomène qui nous concerne tous, sans pour autant déclencher des querelles politiques ou religieuses.
En ce moment, nous sommes gâtés : c’est l’hiver et beaucoup ont découvert que la neige n’était pas exclusive des sports d’hiver. Carambolages, glissades non contrôlées, embouteillages…
Les sujets commentés par les météorologues sont suivis de près et occupent une place de choix sur les médias. La banalité de nos échanges à propos de la pluie et du beau temps a des vertus, elle amorce un contact humain. Je l’ai vérifié récemment à vélo en rattrapant sur la route un autre cycliste, aussi gelé que moi.
L’évocation de la météo peut devenir une façon de faire connaissance. Pour cela il faut que l’un et l’autre ne soient pas à court de souffle, pour entamer le dialogue.
Le froid hivernal est un bon sujet… Ça commence comme ça : « Ça pèle aujourd’hui !… »
En l’utilisant ce lundi, je me suis dit que je ne connaissais même pas l’origine de cette expression. Je l’exprime machinalement alors qu’elle n’a aucun sens avec ce que je ressens au moment où je l’exprime.
Couvert comme je suis de la tête aux pieds, je ne peux pas vérifier l’état de ma peau, mais je suis sûr que je ne pèle pas ! En poussant la réflexion plus loin, après avoir mis fin à nos échanges rendus presque inaudibles à cause des tours de cou sur nos lèvres gelées, je pense à d’autres expressions : « Ça caille ! » « Il fait frisquet ! » « Un froid de canard »…
Ces formules s’installent machinalement dans nos phrases. Ce patrimoine verbal est fait de rappels venant des générations passées, des cultures qui ont formé notre langue et des événements qui ont façonné notre histoire. Les soldats dans les tranchées de la Première Guerre mondiale constataient que leur peau pelait sous les effets du froid. Nous sommes loin de constater les mêmes effets à vélo et pourtant on se pèle en ce moment…
Sur Bike Café, le froid ou la chaleur peuvent être le prétexte pour faire connaissance et vous proposer de découvrir nos articles. Nous roulons toute l’année, quelle que soit la météo et nos sujets affrontent tous les climats. Joffrey Maluski avait envie de vivre la nuit polaire à vélo sous des températures pouvant atteindre les -30 °C.
Est-ce qu’il s’est pelé ? Benjamin Bodot sur le Bikingman X dans l’Atlas marocain a roulé sous une température de 47 °C. A t-il crevé de chaud, autant de fois que ses pneus l’ont fait sur les rudes pistes marocaines ? Notre newsletter ne donne pas la météo, mais elle permet de maintenir le lien entre nous, et nous vous en remercions.